Mon livre, je le publie à compte d’éditeur ou à compte d’auteur ?


Cette question, toute personne ayant un projet éditorial se la pose, d’une manière ou d’une autre. Si, pendant longtemps, le compte d’auteur était un pis-aller de l’édition, il a aujourd’hui pris du grade pour devenir une solution à envisager sans gêne ni honte. Bien que des arnaques demeurent présentes dans le domaine de l’auto-édition, l’édition classique n’en est pas toujours exempte. Sans détailler les contrats abusifs, les ignorances ou les actes volontaires de malhonnêteté, il y a les cas résultant d’une incompréhension. Lorsque l’on est auteur amateur, avec un premier roman, un recueil de poèmes ou de nouvelles, un essai, une monographie, etc., on peut très vite tomber dans des pièges, que l’on vivra comme des tromperies. Souvent, ce ressenti, pas nécessairement justifié — il est rare de gagner sa vie en écrivant —, est dû à une mauvaise connaissance du domaine du livre. La clé pour répondre à la question complexe du choix entre la publication à compte d’auteur ou d’éditeur me semble donc être de bien expliquer qui fait quoi dans chacune de ces options.

Que fait une maison d’édition traditionnelle ?

Il faudrait un article complet sur ce sujet, mais je vais tenter d'être concise. Pour faire rapide et simple, un éditeur ou une maison d’édition :

— Lit le texte proposé, le commente, l’annote pour tirer le meilleur parti du talent de l’auteur ;

— Corrige le texte de toutes les fautes, de manière professionnelle ;

— Gère l’iconographie, la bonne reproduction des images utilisées ;

— Décide du format du livre, du papier utilisé, du devenir objet du texte ;

— Met en page le texte avec un logiciel spécialisé et professionnel, en respectant les normes en vigueur ;

— Propose une couverture (maquettée là aussi professionnellement) ;

— Traite avec les imprimeurs et se charge de l’impression ;

— Communique auprès des médias sur le livre ;

— Place le livre en librairie et dans les différents points de vente du livre, réels et virtuels, en s’occupant de leur livraison et de la gestion des ventes et des stocks ;

— Planifie les participations à des salons, des dédicaces, etc.

Dans l’idéal bien sûr, un éditeur passe par toutes ces étapes, avec une équipe compétente et à l’écoute. L’auteur a normalement droit à la parole et les décisions se font en concertation. Avec la formule de l’édition à compte d’éditeur, donc classique, la part de l’auteur est généralement de 10 % sur le prix de vente hors taxe du livre (TVA sur le livre : 5.5 %). Pour savoir qui gagne quoi sur un livre, je vous invite à lire l'article "Que gagne l'auteur ? Et qui gagne quoi dans la chaîne du livre ?". En aucun cas, l’auteur ne participe aux frais.

Que propose l’auto-édition ?

En auto-édition, l’auteur paie la fabrication de son livre, puis il en dispose comme bon lui semble, sans rendre de comptes au prestataire qui le lui a fabriqué.

Sur l’auto-édition, différentes formules existent : de la seule délégation de la partie impression à l’achat de services, en fonction des besoins. La plupart des services d’édition en ligne ou de prestations fonctionnent ainsi. Votre marge dépendra alors du coût final de l’impression et de l’ensemble des options choisies. Ce sont des options, donc par définition, elles sont facultatives.

Les options que vous proposent les sites ou prestataires d’auto-édition sont similaires aux services d’une maison d’édition, avec des prix variant en fonction de l’ampleur du travail proposé :

— Correction via logiciel ou par un correcteur, option de réécriture ;

— Mise en page automatique ou par un professionnel, sur une maquette standardisée ou originale ;

— Couverture type ou couverture originale ;

— Mise en vente de votre livre sur les sites marchands (marge prise sur les ventes) ;

— Possibilité d’accès, sur demande à quelques salons du livre, sur le stand du prestataire.

L’auteur choisit les options qui lui paraissent nécessaires, commande le nombre de livres correspondant à son besoin, et se charge de les vendre, par ses propres moyens. Comme c’est lui qui fixe son prix, il fait aussi le calcul de sa marge, qui en moyenne, va de 20 à 50 %. Attention : si l’auteur veut vendre son livre en librairie, il devra démarcher le libraire lui-même et lui laisser une marge allant de 25 à 40 %, réduisant donc considérablement sa propre marge.

L'option de l'impression à la demande.

Avec la formule de l'auto-édition, vous pouvez bénéficier de l'impression à la demande. L'offre des presses numériques s'est étoffée et démocratisée : il devient accessible de faire imprimer un très petit nombre d'exemplaires. Certains sites proposent de mettre vos livres en vente sur leur interface et qu'ils soient imprimés unitairement selon la demande des clients. Vous pouvez donc avoir un stock de livres chez vous et déléguer les ventes en ligne au site prestataire, qui se chargera de l'impression, de l'envoi et de la facturation, en vous rétrocédant une marge, souvent à hauteur de 20-30 %.

Et l’édition à demi ?

On appelle édition à demi l’option où l’éditeur et l’auteur partagent les frais sur la création d’un livre, mais aussi les bénéfices. Par exemple, l’auteur paiera une partie de l’impression. Il touchera alors ses droits d’auteur et une marge supplémentaire correspondant aux bénéfices de la vente du livre, une fois toutes les charges défalquées. Ce procédé ne peut être appliqué que quand il est possible d’avoir un regard sur les devis, les factures, et lorsqu’une confiance absolue règne. En effet, le partage des frais peut vite tourner au grand désavantage de l’auteur, dont un éditeur peu scrupuleux pourrait abuser.

Parmi les arnaques, il existe certains partages de frais qui n’ont de partage que le nom. Des entreprises prenant l’appellation de maisons d’édition acceptent des manuscrits puis demandent une participation financière pour la publication de l’ouvrage. Quand l’auteur paie la correction, la maquette et l’impression, il paie tout le travail, pas une partie ! Et quand, en plus, il achète ses propres livres, même à tarif préférentiel, la société double l’arnaque. Soit vous payez tout et vous disposez pleinement de vos livres, soit vous déléguez le travail à un éditeur, sans avancer de frais, et vous êtes rémunéré en droits d’auteur : c’est encore le plus simple.

Que choisir alors ?

Cela dépend du besoin de l’auteur, du type de livre qu’il propose, de son réseau, de ses moyens financiers, de sa connaissance des logiciels de mise en page, de l’implication qu’il envisage, de son besoin d’accompagnement, etc. Difficile donc d’apporter une réponse toute faite, puisque dans ce domaine, le cas par cas fait la loi.

Si vous avez des questions, besoin de conseil, je vous invite à me contacter et à farfouiller dans mon site web, notamment sur cette page : Réalisation de livres.

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